La Gaceta de Cyrano  

"Cette feuille où l'on fait tant de choses tenir! On dit que cette idée a beaucoup d'avenir!"

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Dictados famosos

¡Cuidado! si te pasas con estos textos tu salud mental peligra...

Dictée dite « de Mérimée » faite à une réunion du château de Saint-Cloud (1868)

Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.

Quelles que soient, quelque exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, bien que lui ou elle soit censée les avoir refusées et s'en soit repentie, va-t'en les réclamer pour telle ou telle bru jolie par qui tu les diras redemandées, quoiqu'il ne te siée pas de dire qu'elle se les est laissé arracher par l'adresse des dits fusiliers et qu'on les leur aurait suppléées dans toute autre circonstance ou pour des motifs de toute sorte. Il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et malbâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires. Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie.

Deux alvéoles furent brisés; une dysenterie se déclara, suivie d'une phtisie.

- « Par saint Martin ! quelle hémorragie ! » s'écria ce bélître.

À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière.

Comentario de Cyrano: Se cuenta (aunque no está en absoluto comprobado) Que Napoleón III cometió, en este dictado, nada menos que 45 faltas, su mujer la emperatriz 62, Alejandro Dumás, escritor, tuvo 19 y el Príncipe de Metternich sólo 3.

 

 

Dictée-piège de Maurice Druon

Nous parcourions, à l'entour des Baux-de-Provence, le pays baussenc où de tout temps se sont succédé les poètes occitans. En quête d'un mas, tombât-il en ruine, qui convînt à nos ressources pécuniaires, nous nous étions assuré l'aide d'un autochtone fringant, excellant, selon les ouï-dire et autres on-dit, aux affaires extravagantes, tels le drainage des résurgences dans les zones aquifères et l'asepsie des entreprises séricicoles. Nous croyions en l'effet convaincant de son esbroufe et de son bagou pour le cas où nous louerions un gîte et nous conclurions un bail emphytéotique. Le quidam nous mena de cimes en thalwegs, jusque dans un vallonnement, au diable vauvert où naguère il avait chassé à vau-vent et où croissaient yeuses, myrtes et cytises et des cistes agrippés au roc schisteux et même un marronnier d'Inde aux thyrses violacés ou amarante.

Un bâtiment décrépi s'élevait sur un terre-plein jonché de tuileaux rose pâle et de faîtières ébréchées. Une vieille catarrheuse sans appas mais non sans acné, portant besicles, sarrau dégrafé et socques cloutés, entrebâilla l'huis et nous invita, d'un sourire auquel manquaient trois dents, à pénétrer dans une salle tout abîmée communiquant de plain-pied avec des absidioles décorées d'haltères noirs pendus là comme des ex-voto. Dans l'office contiguë, la malpeignée nourrissait une chèvre bréhaigne, deux agneaux nouveau-nés couchés sur des bat-flanc, un jars, un verrat et quelques canards d'Inde.

Cette métairie, nous expliqua-t-elle d'une voix tout heureuse, date des époques mêmes des schismes ariens. Je la tiens de ma trisaïeule la diaconesse qui s'en était arrogé les droits en avance d'hoirie. Je me suis constitué une retraite par la cession sous seing privé de la nue-propriété; un bailleur de fonds, ancien quincaillier du bailliage est depuis quelque temps mon débirentier.

Au temps pour moi, dit notre gardian, les yeux dessillés sur-le-champ. Contrecarrés par le plus de contretemps et contre-ordres possible, nous quittâmes ce repaire de cathares.


Comentario de Cyrano: También se aceptan las siguientes grafías:

talweg por thalweg
bagout por bagou

La dictée du diable de René Thimonnier

Les Français disputent à l'envi de leur orthographe. Qu'elle ait fâcheuse réputation, on n'en saurait douter. Qu'on n'en conclue pas qu'elle est illogique. Quelques problèmes qu'elle pose (et ils sont nombreux), quelles que soient les difficultés qu'elle soulève, quelque embrouillées qu'en paraissent les règles, elle n'exige qu'un peu de travail et de méthode. Les grammairiens ne se sont pas seulement donné la peine de la codifier : ils se sont plu à la rendre accessible. Quoi qu'on en ait pu dire, le travail auquel ils se sont astreints n'a pas été inutile. Les efforts qu'il a coûtés, les recherches qu'il a nécessitées ne doivent pas être sous-estimés.

Que ce soit ignorance ou laisser-aller, beaucoup trop d'élèves tombent sans remords dans les traquenards de l'écriture. On hésite maintes fois avant d'écrire les infinitifs accoter, accoster, agrandir, agripper, aggraver, alourdir, aligner, alléger, apurer, aplanir, aplatir, appauvrir, etc. On s'embrouille fréquemment dans les suffixes : ceux par exemple d'atterrir et amerrir; de tension et rétention; de remontoir et promontoire, de prétoire et vomitoire; de vermisseau, souriceau, lapereau, bicot et levraut; de trembloter, toussoter, crachoter, frisotter, ballotter, grelotter; de gréement, dévouement, repliement, éternuement, braiment, châtiment; de gaiement, gentiment, éperdument, ambigument, dûment, crûment, etc.

Qu'on ne croie pas ces distinctions injustifiées. Quoiqu'on n'en voie pas toujours la raison sur-le-champ, on n'en saurait vraiment diminuer le nombre qu'au dépens de la clarté. Hormis quelques-uns, elles ne sont dues qu'au souci de distinguer graphiquement les particules homonymes. Les quelque quatre mille familles de mots qui figurent dans notre lexique sont, au surplus, régulières. Le radical y apparaît constamment sous la même forme. Certaines font désormais exception : celles notamment où l'on trouve les mots barils, baricaut; combattant, combatif; cantonade, cantonal; charroyer, charretée; encolure, accolade; déshonorer, déshonneur; irascible, irriter; occurrence, concurrence; follement, affolement; prud'homie, prud'hommesque; persifler, sifflotement; insuffler, boursouflure; consonance, dissonance; imbécile, imbécillité, etc. Quant aux désinences verbales, elles sont parfois difficiles à appliquer. Sachons écrire sans hésitation celles de l'impératif (va, cueille, tressaille), du subjonctif (que nous criions, fuyions, ayons, soyons), du futur (j'avouerai, tu concluras, il nettoiera, j'essuierai, tu tueras, nous mourrons, vous pourrez), du présent (je revêts, tu couds, il geint, je répands, tu feins, il résout, je harcelle, tu râtelles, il martèle, je cachette, tu époussettes, il furète, j'écartèle, tu halètes, il cisèle, etc.)

Ce texte, où l'on n'a voulu citer que des mots du vocabulaire courant, montre que notre orthographe est souvent compliquée, voire ambiguë, sinon arbitraire. Mais elle est inséparable de la langue. Même les écrivains lui restent attachés. Ils sont pourtant, plus que d'autres, en butte à ses tracasseries, c'est-à-dire plus souvent exposés à tomber dans ses chausse-trapes. Quoi qu'en pensent ses détracteurs, elle est affaire, tout à la fois, de réflexion et de mémoire. Ses subtilités mêmes imposent une salutaire discipline. Quels que soient les efforts qu'elle exige, il faut bien qu'on l'acquière. N'est-elle pas, comme le dit Sainte-Beuve, "le commencement de la littérature" ?

Comentario de Cyrano: Curioso dictado cuyo tema es, por cierto, la ortografía francesa. Sin duda se demuestra que no es fácil escribir en francés. Por cierto, se admite la variante ses subtilités même por ses subtilités mêmes. Como veis, nos lo ponen muy fácil...

 

 

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Fecha de la última actualización de esta página: miércoles 13 de noviembre de 2002

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